Sebastien Tellier, personnage artistique

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Sébastien Tellier est un personnage. Un personnage atypique, fascinant, étonnant, étrange… Tout ce que la définition littérale d’un personnage peut compter d’adjectifs. Pourtant dans cette multitude un seul semble finalement lui correspondre parfaitement : unique. 

Le concert du samedi 14 mars au Bikini a été la représentation évidente de cette définition. En tout début de tournée pour son nouvel album « Kiss the beast » entamée le 26 février, Sébastien Tellier est déjà, comme à son habitude, à l’aise. Dandy dans sa démarche, poète dans son verbe et profond musicien dans son art, il est aussi plusieurs fois dans une interaction comique avec son public, transformant pendant plusieurs minutes son concert en quasi one man show. 

Désinvolte, complet et autocritique, c’est un personnage là encore riche qui propose un set qui permet à toutes et tous de s’y retrouver. Des morceaux des albums « Politics » (2004), « Sexuality » (2008), « My God is blue » (2012) … et d’autres qui résument l’ensemble de son parcours musical viennent encadrer la présentation de « Kiss the beast », album plus introspectif et sincère qui semble poser les questions que l’artiste n’abordait pas jusqu’à maintenant. « Mouton » ou « Naïf de cœur » en seront les plus évidents représentants, l’artiste performant seul sur scène, cantonné à jardin et éclairé par une poursuite qui utilise les éléments du décor pour l’isoler complètement. Il semble être seul au monde, loin dans la musique.

La scénographie, riche et imposante par un dispositif d’une vingtaine de panneaux pivotants de plusieurs mètres de hauts arrangés en demi-arène, permet d’alterner entre une face de plume ou une en miroir, créant une ambiance électro-disco ou intime, selon les morceaux. Les 5 musiciens, assis et répartis uniformément sur la scène deviennent les acteurs de tableaux toujours différents, incroyablement denses et recherchés, dans tous les cas toujours maitrisés.

Sébastien Tellier c’est ça, un bordel organisé toujours à la limite de l’ambigu, tellement riche, inclassable, créatif et singulier que sa présence sur la scène électro pop française et internationale depuis 25 ans ne peut être perçue que d’une seule façon : unique.

texte : jerem / photos : Michel (@m12no)

Passionné de musiques et de concerts, sur un spectre allant de Father John Misty à Suuns, Leonard Cohen à Altin Gün, des Lunatic à Gilberto Gil... Il est le président de l'association Opus-musiques et référent du dispositif Focus d'Opus