Matrice infinie pour le Rémi Panossian Trio
Crédits photo Reg@rts
Une poignée de huit pour un huitième album studio. Trois ans après leur dernier album, le RP3 trio nous propose le projet « 88888888 » enregistré à Séoul, capitale de la Corée du Sud, pays que le groupe affectionne particulièrement. Le trio, qui compte plus de quinze ans d’existence, est formé de Rémi Panossian au piano, Maxime Delporte à la contrebasse et Frédéric Petitprez à la batterie.
La richesse musicale du RP3 trio s’exprime à travers ce mix si subtil entre complexité rythmique et harmonique issue du jazz et un côté « pop » mélodique et universel. Le trio a su développer un univers à la croisée des générations : entre nouveauté à travers des grooves funky et envoutants qui caractérisent un certain renouveau du jazz et hommages aux légendes avec diverses références mijotées à la sauce coréenne. Comment ne pas entendre une intro à la Bill Evans dans le titre You must believe in Springroll, clin d’œil à You Must Believe in Spring, thème composé par Michel Legrand et que Bill Evans a superbement repris dans l’album de 1981 du même nom.
L’album « 88888888 » illustre ce fantasme que nous pouvons avoir du monde asiatique. Entre moments de contemplations et de méditations opposés au rythme effréné et ininterrompu de la vie citadine, l’album nous propose une suite cohérente de morceau très variés. Le thème de l’infini, symbolisé par ce chiffre 8, est parfaitement maitrisé et développé dans les tournes rythmiques et mélodiques qui vous entrainent dans une spirale sans fin. Le titre « Bibimbop », version bebop du plat traditionnel coréen, met bien en avant cette course haletante, quasiment infernale, tout en gardant une touche d’humour avec ce visuel décalé dans les rues de Séoul.
Le Rémi Panossian trio, habitué des concerts à Toulouse, sera en concert à Interférence le 12 juin 2026. Les billets sont disponibles ici.
