Comprendre la malédiction avec Joy Boy

Crédits photo : Mattéo Bousquet

Avec son collectif Adelphik Crew, Joy Boy avait déjà laissé entrevoir une écriture sensible et une manière bien à lui de transformer les failles en matière brute. Cette année, l’artiste franchit une nouvelle étape en se lançant en solo. Il dévoile « Comprendre la malédiction« , une série de sept morceaux dévoilés entre mars et avril, à raison d’un titre par semaine. Un format pensé comme une saga à la fois visuelle et sonore.

Dès la lune se lève, premier titre de la série, Joy Boy impose une ambiance froide. Porté par des prods digitales et des textures vocales, le titre peut rappeler par moments l’univers de Laylow, mais sans jamais tomber dans l’imitation. Une esthétique nocturne, presque clinique, traverse l’ensemble du projet.

Au fil des morceaux, il raconte les cicatrices, les ambitions, l’amour et les violences silencieuses que chacun porte en soi. Il explore aussi des sonorités qui dépassent les frontières du rap, avec différents flows, parfois mélodiques comme dans SORRY ou OÙ EST LE LIEN ?, et parfois plus tranchants.

L’univers de « Comprendre la malédiction » prend aussi vie à travers une série de visualizers réalisés par Mattéo Bousquet. Des vidéos brutes et pourtant extrêmement travaillées, qui prolongent parfaitement chaque morceau.

Joy Boy apparaît, toujours de nuit, dans des situations paradoxalement aussi calmes que violentes. La tête écrasée contre le sol ou contre une vitre, dans un parking sous-terrain, une voiture… Ou encore face à face en silence avec une femme, dont le simple regard en dit long. A chaque fois baigné dans des lumières faibles et métalliques, l’artiste y apparaît avec un visage neutre, comme anesthésié de toute violence et d’émotions.

Dans ses textes Joy Boy cherche à comprendre sa propre malédiction. Chaque image semble traduire cette idée centrale du projet : comprendre ce qui nous hante pour apprendre à avancer avec, mais aussi montrer la brutalité de la vie.

Ce premier projet solo impressionne surtout par sa cohérence. Musicalement comme visuellement, Joy Boy possède déjà une identité forte, rare pour un début. Défendus sur scène lors du tremplin de l’Étoile Rose au Flashback Café ou encore en première partie de la release party de N!Z au Bijou, ces morceaux confirment aussi son aisance en live.

Entouré d’Adelphik Crew, mais désormais bien ancré dans son propre univers, Joy Boy fait clairement partie des artistes à suivre de près !

Si l’on dit souvent que le talent n’a pas d’âge, l’amour de la musique et celui de l’écriture n’en ont pas non plus ! A peine deux décennies de vie derrière elle, Nina écoute tout le temps des chansons, et quand elle n’en écoute pas elle en cherche, en partage et lit des interviews sur des artistes qu’elle affectionne.
Désormais, elle en parle aussi dans Opus et vous pourrez lire ses brèves oscillant entre rap, pop et chanson à l’accent rap...