RAK’ATA 2026 : Quand les musiques des peuples se retrouvent à Toulouse

Deux soirs, sept groupes, un dj et une exposition pour la nouvelle édition du festival toulousain.

Après une première édition pensée comme un pont entre l’Amérique latine et les cultures amazighes, RAK’ATA change de cap et s’ouvre à tous les horizons. Placée sous la bannière « Musiques des peuples », l’édition 2026 se tiendra les 5 et 6 novembre à Toulouse. 

Le festival est désormais porté par l’association ATAK’ART, présidée par Wafi. Son esprit reste le même : faire dialoguer des traditions, des langues et des histoires, dans une ambiance festive.

Jeudi 5 novembre

Tissilawen (blues du désert). Le nom vient du Tassili n’Ajjer, le plateau de grès qui domine Djanet, dans le sud-est de l’Algérie. Le groupe s’est formé en 2008 autour de deux amis d’enfance, les chanteurs-guitaristes Boubeker Timlfati, dit Bakrin, et Cheikh Taberni. Leur musique tisse la tradition touarègue avec le rock et le blues, en harmonies superposées et riffs répétés. C’est la nouvelle génération du blues touareg, dans la lignée de Tinariwen. 

Alberi Sonori (traditionnel italien). Ce groupe toulousain porte le répertoire de la tarentelle, entre interprétation et création, dans une tradition vivante sans cesse renouvelée.

De Carne y Hueso (latino-andalou). Avec Athina au chant et Nassim à la guitare, le duo vous invite à voyager à travers des mélodies latines et méditerranéenne. 

Vendredi 6 novembre

Trab Teräpy (fusion électro-raï). Entre Lille, Bruxelles et Oran, Trab Teräpy ressuscite l’énergie des cabarets de raï d’autrefois. Sur scène, le hip-hop en direct côtoie les platines électro : Saidou (connu au sein de Sidi Wacho) est rejoint par le chanteur algérien Flouka, le rappeur Ismaël Allem et Miassi à la guitare. Ensemble, ils font de la piste de danse un lieu où l’on résiste autant qu’on s’amuse.

La Rubla (latino-berbère). Groupe toulousain de cinq musiciens, il marie rythmes latino-américains et berbères avec des touches électro. Son nom vient d’un mot populaire algérien qui désigne le summum de la joie. Dans ses morceaux, le gnawa rencontre le merengue dominicain et le son guatémaltèque se chante en kabyle. 

Aluminé Guerrero (folktronica argentine). Chanteuse, compositrice et multi-instrumentiste née à Bahía Blanca, en Argentine, elle est installée en France. Elle mêle folklore latino-américain, électronique et hip-hop, avec des beats numériques, des accords de charango, de la guitare et des mélodies de pinkullo. Son dernier projet est l’EP Hierba Mala, réalisé avec le producteur Yeahman.

Yles Hamadou (rumba algérienne). Yles Hamadou propose une rumba méditerranéenne qui puise dans les sonorités traditionnelles tout en s’ouvrant à des couleurs plus actuelles. Ses chansons passent du français à l’espagnol et au darija algérien, un métissage des langues qui accompagne une musique toujours en voyage. Elles racontent le parcours de celles et ceux qui ont dû quitter leur terre, mais aussi la joie des retrouvailles et le plaisir de faire la fête ensemble. 

DJ Sonido Piketero : Toulousain passionné de musiques latino-américaines et de voyages, set set vont de de la cumbia traditionnelle à l’électrocumbia, tout en explorant les rythmes populaires d’Amérique latine, du reggaetón à la salsa, en passant par le ska et le punk. Son objectif : faire voyager, faire découvrir et surtout faire danser !

Exposition : Chiara Scarpone

Née dans un port du sud de l’Italie, Chiara Scarpone puise son inspiration dans la tradition orale, les croyances populaires et l’anthropologie. À travers le dessin, la linogravure et le scratchboard, elle fait émerger des images singulières où se mêlent symboles ancestraux, art rupestre et graffiti. Son travail explore les peurs humaines, la magie et les croyances qui traversent les époques et façonnent nos imaginaires. Entre mémoire collective et inquiétudes contemporaines, elle donne forme à un univers graphique brut, mystérieux et habité. Chiara Scarpone, dont l’exposition accompagne le festival, en est aussi l’illustratrice.

Opus : Vous présidez ATAK’ART, nouvelle structure porteuse du festival. Comment est-elle née, et que change ce passage de la Maison Blanche à ATAK’ART ?

Wafi : En effet, nous avons collaboré avec la Maison Blanche (Association Art’Maniak) lors de la première édition qui été une réussite. Nous avons souhaité porter un peu plus le projet et de monter en expertise en créant notre propre structure ATAK’ART

Opus : Le festival passe de « Latino-Amazigh » à « Musiques des peuples ». Pourquoi cette ouverture, et qu’est-ce qui reste de l’ADN de départ ?

Wafi : Oui, nous avons décidé d’ouvrir plus le festival en passant de « Latino-Amazigh » à « Musiques des peuples ». Pour nous cette transition est une suite logique du projet car au final, nous avons toutes et tous les mêmes luttes. 

Opus : Comment avez-vous construit la programmation 2026 ? Vous partez d’artistes que vous connaissez, d’appels à candidatures, ou des deux ?

Wafi : Aujourd’hui, nous programmons en fonction des coups de cœurs que nous avons eu. Pour ces deux premières éditions nous avons choisi des groupes dont on connait le combat et l’engagement, je pense qu’au fil de l’eau le festival aura sa carte d’identité de lutte et d’engagement puis la suite se fera naturellement. 

Opus : La scène toulousaine est très présente (Alberi Sonori, La Rubla, de Carne y Hueso…). Est-ce un choix assumé de soutenir les artistes locaux ?

Wafi : Tout à fait, comme vous le savez, la vie d’artiste devient de plus en plus complexe au vu du contexte politique actuel dans le pays, nous essayons donc de travailler aussi avec nos artistes locaux que nous aimons et avec qui nous n’avons pas encore eu l’opportunité de travailler. RAK’ATA a créé cette opportunité. 

Opus : La place des artistes femmes fait-elle partie de vos réflexions quand vous programmez le festival, et comment imaginez-vous les prochaines éditions sur ce point ?

Wafi : Oui, à travers nos expériences précédentes et la réalité de la société d’aujourd’hui, donner la place aux artistes femmes est un devoir. Cette réflexion est constante et restera dans la ligne du festival pour les prochaines éditions. 

Opus : L’édition précédente proposait ateliers, débats et projections. Cette année, le format est resserré sur deux soirs de concerts et une exposition. Était-ce un choix ou une contrainte ?

Wafi : Nous avons dû nous adapter à certaines contraintes, notamment la contrainte du lieu, nous avons eu deux annulations de deux lieux différents ce qui a porté un sacré coup au moral de l’équipe, mais en restant unis et déterminés nous avons dû faire des choix. 
Nous avons déjà quelques idées pour l’année prochain sur ce volet (Débats, projections…)

Opus : Comment le festival est-il financé aujourd’hui ? Quels sont vos partenaires, et quelle place pour les subventions, la billetterie, les bénévoles ?

Wafi : Le festival est auto-financé dans sa totalité, nous ne souhaitons pas être sous perfusion de subvention car cela nous rendrait trop dépendant. Cela étant dit, l’idée de cibler une ou deux subventions reste sur la table. 

RAK’ATA fonctionne exclusivement avec la billetterie, le bar et la cuisine. Nous faisons du mieux que nous pouvons pour proposer des tarifs accessibles à toutes et tous tout en honorant nos engagements avec les différents artistes.
Ça reste un sacré défi.

Opus : Quelle place pour les artistes émergents dans le festival, et comment les artistes peuvent-ils vous contacter pour une prochaine édition ?

Wafi : Nous prenons très au sérieux ce point. A travers ces deux éditions nous avons su faire un beau mélange entre artistes émergents, artistes semi-pro et artistes pro. Nous essayons de créer nous même cette opportunité et je pense que tout cela se sait autour de nous. 

Opus : Si vous deviez décrire RAK’ATA en 2030, à quoi ressemblerait-il ?

Wafi : Fais de ta vie un rêve, et d’un rêve, une réalité. Nous aimerions continuer à nous améliorer sur les fronts. Nous pensons aussi qu’un lieu de discussion et de réflexion à Toulouse ne serait pas de trop, comme RAK’ATA Café par exemple 😊

Et la petite surprise !!!! :

Pour vous remercier d’être là, voici un code de réduction de 3 € : RAKATA26
À saisir au moment de réserver sur : https://www.helloasso.com/associations/atak-art/evenements/atak-art

Tarif normal 18 €, 20 € sur place. Les réservations en ligne sont donc à privilégier.

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