HAADi SAINt présente CIRCA 2003
Crédits photo @victor_suntreiz
Le 29 mai dernier était dévoilé « CIRCA 2003« , premier projet de HAADi SAINt qui impose une entrée remarquée sur la scène rap toulousaine. Composé de 6 titres, le projet fonctionne comme une carte de visite de l’artiste, où chaque morceau éclaire une facette différente d’une même histoire.
Dès la première écoute, une évidence s’impose : HAADi SAINt développe une proposition qui ne ressemble à aucune autre. Que ce soit dans les flows, les traitements de la voix, les gimmicks, les prods ou les textes, l’artiste explore et expérimente sans jamais donner l’impression de forcer l’originalité : elle s’impose d’elle-même.
Au cœur de « CIRCA 2003« , il y a l’enfance. Dès le premier titre, SIRKA, le ton est donné : celui d’un jeune adulte qui construit son identité à partir d’un environnement familial instable et une enfance difficile. Pourtant, il ne cherche ni à excuser ni à accuser. Sans dramatiser, HAADi SAINt constate, décrit, presque comme s’il posait des images plutôt que des émotions. Il assemble des fragments de vie, des scènes, des impressions, et c’est dans la musicalité que se dessine l’émotion réelle. Cette approche factuelle devient une signature : raconter sans surjouer, laisser l’auditeur combler les silences.
C’est cette distance qui donne sa force au projet. Malgré la dureté de certains récits, aucune colère ne semble guider l’écriture. À la place, on perçoit une forme de lucidité et de résilience.
Dans TV SHOW par exemple, il résume cette approche dès la première phrase : « 2013, 9h du mat’, jme cale devant la TV, maman vient de se lever aussi, à quel TV show j’aurais droit ? ». Derrière l’anecdote des programmes télévisés et leur critique se dessine alors un parallèle plus profond : celui du « HAADi Show », cette vie dont il ne maîtrise pas toujours le scénario, une succession de scènes imprévisibles entre instabilité, figures parentales complexes et amour.
Dans le projet, cette dualité est d’ailleurs omniprésente. L’amour est toujours quelque part, mais il cohabite avec le chaos, la haine et la mort. L’artiste semble constamment pris entre deux héritages, deux visions du monde, sans pour autant incriminer ou choisir de camp.
À 22 ans, HAADi SAINt livre un projet déjà très construit dans sa vision, une proposition singulière, difficile à classer. Soutenu par une direction artistique particulièrement soignée, « CIRCA 2003 » révèle un univers déjà affirmé et une voix que l’on n’a encore entendue nulle part ailleurs. Une première entrée en matière qui donne envie de suivre attentivement la suite.
