I’m Gone : Tom Riggs fait face à la peur du temps qui passe

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Crédits photo : Melvil Henriques

Of course Time’s a felon and it knows…

Le temps comme criminel, conscient de son forfait. Une angoisse intime que Tom Riggs a choisi de mettre en musique.

Auteur-compositeur basé à Toulouse, il dévoile vendredi I’m Gone, son nouveau single, qu’on a pu découvrir en avant-première. Après « Schrödinger’s CAT », un EP consacré au deuil et à la reconstruction de soi, ce dernier s’attaque cette fois à quelque chose d’universel et d’insaisissable : la peur du temps qui passe.

Le morceau a été enregistré à l’aide d’un magnétophone à bande – un choix qui n’a rien d’anecdotique. L’envie d’un enregistrement à l’ancienne est venue en parallèle de l’écriture, et c’est avec Achille Loquet qu’il a relevé ce défi technique. Au fil du titre, l’esthétique sonore évolue progressivement : la chaleur organique de l’analogique laisse peu à peu place à des textures numériques et des glitchs, comme si le son lui-même vieillissait sous nos oreilles. Le doute cède à l’acceptation. L’angoisse devient lâcher-prise.

L’artiste raconte que tout est parti d’une session de maquette : des paroles en « yaourt » qui, sans qu’il s’en rende compte, parlait déjà de temps. Avec son autre collaborateur régulier Melvil Henriques, l’idée a pris forme autour d’un refus de se sentir esclave de ce temps qui passe. Il le précise lui-même : la voix du morceau n’est pas vraiment la sienne, plutôt celle d’un narrateur qui incarne un idéal, celui de se sentir à la fois « la fleur et la graine », quand lui-même reste habité par ce stress, accentué par un milieu musical où le temps semble jouer contre les artistes.

Des harmonies héritées des Beatles aux textures plus contemporaines de l’indie pop et du hip-hop, Tom Riggs produit tout en solo depuis son studio toulousain. Une approche où la technique d’enregistrement ne sert pas qu’à capter le son, elle participe au récit. Sur I’m Gone, ce parti pris prend tout son sens.

Pour la suite, Tom Riggs ne vise pas un nouveau défi créatif mais quelque chose de plus exigeant encore : la régularité. Encore récent en solo, après plusieurs groupes, EP et albums, il cherche aujourd’hui sa direction artistique et visuelle – et surtout la capacité à tenir, single après single, Reels après Reels, ce qu’il appelle lui-même un « marathon de productivité ».

Rendez-vous vendredi 19 juin pour découvrir I’m Gone.