La Grande FÔM : “Voir 15 musicien.ne.s locales incroyables sur la scène du Metronum, et ce gratuitement !”

Le 22 septembre, FÔM Maison d’artiste investit Le Metronum pour La Grande FÔM et célébrer sa première année de création musicale accordée au féminin. On a posé quelques questions à Mathilde, l’une des deux femmes derrière ce projet pour vous en dire plus sur le concept FÔM et ce qui nous attend pour ce concert ! 

Bonjour Mathilde, comment tu décrirais FÔM en quelques mots à quelqu’un qui ne vous connaît pas encore ? 

L’idée de FÔM c’est d’accompagner les artistes émergent.e.s sur un peu tous les besoins que peuvent avoir ces projets mais c’est aussi de participer au changement dans l’industrie musicale en mettant en lumière et soutenant les artistes féminines ou issues de minorités de genre. 

Comment est née l’idée de créer cette association ? 

L’idée est née de deux constats qu’on a pu faire assez vite en découvrant ce milieu, Nina en tant que musicienne et moi en manageant mon premier groupe : Sojalisca. 

Le premier constat : il est difficile de se lancer dans la musique (professionnellement) sans connaissances sur tout ce qui entoure le développement d’un projet (com, admin, prod etc). Le deuxième que c’est encore plus dur si on est une femme ou une personnes issue des minorités de genre. 

Outre votre initiative, est-ce que vous constatez une amélioration sur l’accès aux scènes des femmes ? Aussi sur les métiers autour des concerts ? Une artiste comme Prudence (ex The Do) témoignait de la difficulté de trouver des techniciennes par exemple quand elle a voulu créer une équipe à majorité féminine pour sa tournée.

De plus en plus d’initiatives se mettent en place mais on est encore bien loin de l’égalité. Y’a du boulot et à pleins de niveaux. Mais plus on va donner de la place et de la visibilité, comme le font Prudence et d’autres artistes avec leurs initiatives personnelles, plus il y aura de femmes et personnes issues de minorité de genre sur scène et autour. 

Vous avez organisé combien de scènes ouvertes cette première année au Taquin ? Cela représente combien de musiciennes ? 

On a organisé 9 jams au taquin cette année, plus notre soirée de lancement. Soit 32 musiciennes pour les ouvertures de jam et on a pas de chiffre précis mais on a dû découvrir une petite 100ène de musicien.ne.s sur les jams. 

Certains musiciens sont aussi venus nous voir pour nous dire qu’ils avaient découvert pleins de musicien.ne.s et qu’ils ne pensaient pas qu’il y en avaient autant à Toulouse, ce qui est plutôt positif ! 

Pour chaque date, vous essayez de mélanger les esthétiques musicales ?

Notre priorité c’est déjà de varier les instruments, ensuite on propose l’ouverture à 3 musicien.ne.s qui n’ont pas l’habitude de jouer ensemble, ielles ne sont pas obligatoirement dans la même esthétique mais on propose quand même les trios à des musicien.ne.s qui pourraient se rejoindre sur une esthétique. Ielles préparent le set de 20/30 minutes spécialement pour la jam donc on ne veut pas les mettre trop en difficulté en mélangeant des esthétiques très opposées même si ça peut donner des mélanges très intéressants… Par contre, on est soucieuses tout au long de l’année de varier l’esthétique de l’ouverture de la jam pour essayer de représenter un maximum de styles musicaux. 

Cette volonté de valoriser les artistes féminines vous a-t-elle mis face à des situations étonnantes avec les musiciens masculins ? 

Oui ! Certaines plus cool que d’autres. Dans certains cas nous avons pu recevoir de très bons retours de la part de musiciens masculins venus assister aux jams. Notamment sur la différence d’écoute entre les jams en mixité choisie et les jams « mixtes », une écoute et une bienveillance qui donnent envie de monter sur scène. On a aussi eu quelques mauvaises expériences comme des musiciens qui montent sur scène, alors qu’ils ont compris le concept de notre jam, juste parce qu’ils en avaient envie. Mais c’est resté assez exceptionnel ! Certains musiciens sont aussi venus nous voir pour nous dire qu’ils avaient découvert pleins de musicien.ne.s et qu’ils ne pensaient pas qu’il y en avaient autant à Toulouse ce qui est plutôt positif ! 

Le 22 septembre, vous organisez une belle soirée au Metronum avec 15 musiciennes locales : tu peux nous dévoiler le programme ? 

Le 22 septembre vous pourrez redécouvrir les sets uniques de 5 des trios qui ont ouvert les jams cette année et une création en grand ensemble avec 15 musiciennes qu’elles auront préparé sur 4 jours de résidence. 

Pendant la soirée vous pourrez aussi rencontrer des structures qui oeuvrent pour l’égalité dans le monde de la culture. Bien sûr nous serons aussi là pour vous présenter la soirée et notre travail et on aura même pleins de belles choses à vendre (tee-shirt, tote-bag,…) illustrées par les merveilleuses @ananddach et @miri_bidi ! 

Voir 15 musicien.ne.s locales incroyables sur la scène du Metronum et ce gratuitement quoi de plus (rires) ! 

Opus est un média de découvertes musicales : quels sont les 3 projets musicaux que tu aimerais porter aux oreilles de nos lecteurs ?

Dur dur… Je dirais Flyana Boss, Ptazeta et Alex Montembault. 

Et pour finir, si tu pouvais organiser ton festival rêvé : ça se passerait où et tu ferais jouer qui ?

Ça se passerait en Ecosse à la campagne et je ferais une programmation 100% artistes féminines et issues de minorité de genre. Ça serait un festival d’automne très doux, très folk dont la prog serait issue de la playlist sweet de FÔM que vous pouvez retrouver sur Spotify !

Merci Mathilde, on se retrouve le 22 septembre au Metronum ! 

Créateur d’Opus, Rémy est à la fois rédacteur et photographe dans notre media. Un mélomane qui écoute aussi bien du rock que du rap ou de la pop, et qui aime fouiller la scène locale.
C’est également lui qui gère le projet Focus d'Opus