La scène Toulousaine émergente revient de Chypre

Crédits photo Margot Le Rouzic

Une initiative associative toulousaine

En juin, la musique émergente Toulousaine ne connait pas les frontières. Sous l’impulsion de deux associations de la ville Rose (Samba Résille, et Bajo El Mar), en collaboration avec Anàssa Production, 35 professionel.le.s du secteur et/ou artistes locaux Toulousains, sont partis à l’autre bout de l’Europe, sur l’île de Chypre.

Cet incroyable projet s’est réalisé dans le cadre d’une mobilité européenne ERASMUS +, financée par l’UE, et pilotée par un consortium d’associations Toulousaines :Samba Résille, Le COCU, La Maison du Vélo, Tia Paula, Bajo el Mar, Be Art Toulouse, Contre Chant, Ensemble À bout de souffle, IDC – Initiative et Développement Citoyen [dpt 11], et Le Polymorphe [dpt 13].

Des rencontres professionnelles

L’objectif du voyage ? Faire se rencontrer Chypriotes et Toulousain.e.s (incluant quelques Lilloises, Marseillaises et Montpellierains!) pour partager ensemble leurs manières de fabriquer, développer, et promouvoir la musique actuelle dans leurs pays respectifs. Le contexte international, et l’histoire récente de l’île de Chypre, ont fait de ce voyage une opportunité rare et inspirante de raccourcir la frontière musicale entre Toulouse et Nicosie. Et on l’espère, créer des ponts culturels pour passer au-dessus de certaines eaux troubles actuelles.

Plusieurs artistes émergents de la scène Toulousaine faisaient partie de cette équipe voyageuse. Iels ont pu se rencontrer et tisser des liens pendant ces 7 jours. Ces artistes en voies de professionnalisation avaient tous.tes suivi les modules de formation et d’accompagnement artistiques professionnelles de « La Capsule« , proposées par l’association Bajo El Mar, basée à Tournefeuille.

Peut-être les connaissez-vous déjà, les avez-vous vu en concert, lors d’un open-mic, ou d’une jam ; Baboucan, Sin Le Rodeur, Violette du Pasquier, La Mona, S4wyer, LouiPhi, Jacky Black, Laaren, Niloc (Espèce Public), Cara, Riot Pata Negra, Témo ?

Lors de ce voyage, nous avons eu la chance de rencontrer et échanger avec les professionnels chypriotes suivants :
Mikaela TSANGARI ingenieuse du son à Nicosie (Elbow Room Studio)
Giorgos KALOGIROU auteur compositeur interprète et joueur de luth,
Antonis ANTONIOU artiste (Trio Tekke, Monsieur Doumani, Buzz Ayaz),
Maria KAIMAKLIOTI productrice culturelle (Scala Music and Sound Hub),
Maria KAMBERIS chorégraphe (Selas, Engram Kokoro), Demetris YIASEMIDIS (Monsieur Doumani, Engram Kokoro, Nabu Pera, Coppercurios),
Constantinos DRACOS producteur événementiel (Picnic Social House, Music Element),
Lefteris MOUMTZIS musicien compositeur et producteur (The Open Nest Company),
Anastasia DEMETRIADOU chanteuse compositrice (Nama Dama,
The Open Nest Company),
Alex TOMB dj et producteur,
Andreas TRACHONITIS producteur ingénieur du son (Studio Eleven 63, Fengaros),
Claudio SAGHBINI organisteur d’événements (Cloud10 music events).

Les retours des participants !

Une question a été posée à tous ces artistes par la rédaction d’OPUS : quel a été pour vous le moment le plus fort de cette mobilité européenne à Chypre ?

Voici leurs réponses.

« Mon moment le plus fort est la découverte de la partie Nord de la ville de Nicosie, l’histoire qu’il y a autour, et tout le circuit que nous a proposé Cléo (notre guide de l’association Anàssa, ndlr). Il y avait cette porte symbolique dans la zone tampon, sur laquelle il faut toquer pour faire venir la paix, c’était atypique et inspirant. J’ai été très touchée par l’accueil de « The home of cooperation » dans la zone tampon, et le témoignage du chanteur et joueur de luth, Giorgos Kalogirou. Nous avons tous chanté avec lui une de ses chansons, humainement c’était une grande symbiose de groupe. Le témoignage de Giorgos était très déboussolant, car l’artiste nous a notamment expliqué avoir demandé pardon lors d’un concert récent, auprès de ses amis turcs, plusieurs dizaines d’années après son service militaire pendant lequel on lui avait enseigner à tirer sur eux. Je le remercie énormément pour sa générosité. » Jacky Black

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« Le moment le plus fort pour moi, c’était notre passage dans la zone tampon au niveau de l’ONU, entre la zone Sud et la zone Nord de l’île. J’avais l’impression d’être de trop, et que cette zone était « coupée du temps ». Je n’avais jamais ressenti quelque chose comme ça, et je me sentais beaucoup trop privilégiée pour être dans cette zone. Aussi, les partages qu’on a vécu entre nous et avec les gens dans le rue. Notamment durant la manifestation de la Pride où j’ai pu questionner deux femmes sur leur vie à Chypre. Elles étaient hyper enclin à me répondre et contente d’échanger. Ce qui me restera en tête c’est cette volonté et ce besoin qu’on a tous.tes, de s’exprimer, d’être reconnu, d’être écouté et d’être aimé. » Cara

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« Mon moment le plus fort c’est le deuxième jour quand on a commencé la randonnée sensible. Cléo (notre guide de l’association Anàssa, ndlr) racontait que pour réaliser des activités culturelles avec les enfants des 2 côtés de Chypre, les enfants du côté Nord avaient été escortés jusqu’au bâtiment de l’ONU gardé par des soldats. Je trouvais que l’image était très très forte. » Laaren

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« Il y a eu énormément de moments très forts, de partages, même en dehors de la musique, à la plage, autour d’une table en parlant de tout et de rien, en goûtant de nouvelles saveurs. J’ai beaucoup aimé la soirée open mic dans le bar Kala Kathoumena à Nicosie, mais aussi le moment dans l’hôtel où on a tous écouté les morceaux des uns et des autres, et présenté notre projet à tout le monde ». La Mona

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« Mon moment le plus fort de cette mobilité, c’est simplement la rencontre avec tous les autres artistes. Finalement il a fallu aller loin en Europe, pour découvrir des gens qui habitaient tout près de chez nous. » Riot Pata Negra

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« Le sourire et l’engagement d’Andreas qui tient un studio d’enregistrement, un festival, et une future salle de concert m’ont fait percuter à quel point il faut toujours persévérer pour réaliser de grands projets. C’était très inspirant de voir ces personnes mettre autant d’énergie pour construire tout cela. » Violette Du Pasquier

« Ce que j’ai préféré c’est le village de Vavla, et nos incursions dans la partie Nord de la ville de Nicosie qui était très différente de ce qu’on voit dans le reste de l’Europe. Dans le village de Vavla j’ai aimé la simplicité des gens qui vivaient là-bas, leur accueil, leur bonté, et l’environnement global du lieu. L’échange avec le Maire, la découverte de toutes les plantes et végétations aux alentours du village, ça nous a fait comme une petite bulle dans Chypre, avec une particularité propre à Vavla en terme d’architecture et de paysage. » LouiPhi

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« L’open Mic qu’on a fait samedi dans le bar Kala Kathoumena est mon top 1, car ça nous a permis de connecter plus rapidement et autrement avec certaines personnes. Paradoxalement, c’est durant ce moment où on ne s’est pas parlé, que la connexion a été la plus forte. Un moment d’égalité, où on a pu aller au bout de la rencontre avec les co-voyageurs avec lesquels on n’avait pas encore beaucoup échangé. Ce type d’événement on a l’habitude d’en faire à Toulouse, mais à Chypre cela avait une tout autre saveur. Un vrai moment de symbiose et de partage, super bien accueilli par les chypriotes du bar qui étaient émerveillés de vivre avec nous ce moment là sur cette petite scène » Sin

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« Mon moment le plus fort fut pendant le workshop avec Lefteris Moumtzis, dans le village de Vavla. Un débat s’est posé autour de 3 questions fondamentales : Qu’es-ce que je veux pour mon art ? Qu’es-ce que je veux pour moi, et quelles sont mes valeurs ? Pourquoi je veux vraiment créer et faire de l’art ?

J’ai trop kiffé car c’était un moment personnel très introspectif, qui a fait ressortir un truc que je savais mais que je n’avais pas encore vraiment formulé. J’ai également aimé les relations qu’on a créé ensemble, et particulièrement l’après-midi pendant laquelle on s’est fait écouter nos projets musicaux tous ensemble. » Niloc

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« Mon moment le plus fort c’était au bar Kafeneio 11, lors de la soirée avec de la musicale traditionnelle rebetiko. Dans cette petite cour à l’arrière du bar, il y avait un citronnier énorme et luxuriant. J’adore les citronniers, je n’en avais jamais vu d’aussi grand dans ma vie. On a bu des Ouzos (boissons locale NDLR), et il y a eu un moment où on s’est mis à trinquer entre les artistes chypriotes qui venaient de jouer le rebetiko, et des organisateur.ices d’événements culturels Toulousain. C’était incroyablement beau de voir à quel point on est tous connecté autour de la musique, malgré qu’on ne parle pas la même langue, qu’on ne danse pas sur les même choses. C’est la même énergie de la musique qui nous rassemble, c’est très fort » Baboucan

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« L’ambiance incroyable et euphorique qui régnait dans le bus au retour du village de Vavla, le sixième jour, j’ai senti que c’était le résultat de toutes les connexions positives entre les gens depuis le début du voyage. Tout le monde agissait avec beaucoup de spontanéité. » S4wyer