[LIVE REPORT] Pause Guitare – Albi – 10/07/2026

30 ans d’histoire de festival, de vie, de construction et d’évolution. Le festival Pause Guitare fête cette année son anniversaire via une édition qui, à l’ombre d’une fête magnifique, témoigne de profonds changements tant dans le festival que dans les musiques actuelles. Entre autres et parmi ceux-ci, non directement lié à Pause Guitare qui oeuvre pour conserver ce lien avec le public, les refus de plus en plus fréquents des prods de prendre des photos des artistes en tournée. Ce live report ne sera donc que partiellement illustré. 

Photos : Vincent Roques | Texte : Jerem

Alain Navarro (Arpèges et Tremolo) : de 200 à 65 000 festivaliers, une histoire du festival

Une édition qui nous permet l’occasion de discuter et de faire un bilan avec Alain Navarro, qui avec sa compagne Annie, ont fondé le festival Pause Guitare et l’association Arpèges et Tremolo le 25 juillet 1997.

Un point sur le festival, et comment d’une jauge à 200 personnes à sa création, on atteint aujourd’hui un festival qui reste humain malgré une fréquentation à 65000 festivaliers sur 3 jours pour cette édition, et sensiblement la même jauge depuis quelques années. Également un échange sur la difficulté de conserver une programmation familiale mais pointue et rigoureuse depuis si longtemps, par rapport aux nouvelles attentes d’un public en demande croissant d’entertainement.

Un point enfin sur les combats menés depuis le début par le couple pour résister face à une industrialisation massive et dévorante des festivals et leur capitalisation. Une discussion à cœur ouvert, simple et sans détours et qui donne des clefs pour résister encore et encore afin que la musique reste une histoire de cœur plutôt que d’argent.

Jean-Louis Aubert : 40 ans de tubes sur la scène Pratgraussal

Coté programmation ce soir-là, on trouve sur la scène Pratgraussal Véronique Sanson tout en accord entre piano et vibrato de voix, versus Rau_ze qui joue au même moment sur la scène découverte de Pollux Asso, (ferveur acteur de la découverte tarnaise) et qui propose un show énergique, habité, en provenance directe du Québec. Superbe découverte !

Jean Louis Aubert (contre toute attente pour ma part) délivre à mon sens le meilleur show de la soirée. 71 ans, solide, énergique, sensible. Il retrace pendant 1h30 plus de 40 ans de carrière, en à peine moins de tubes sur scène, que toutes les tranches d’âges présentes dans le public sans exception reprennent et chantent en cœur, ensemble. La scèno est massive, constituée de plusieurs arcs qui encadrent l’artiste et sur lesquels se projettent en motion design des formes ou objets directement liées aux paroles des chansons. Un artiste dont la carrière continue de federer et rassembler !

Ben Harper, The Kooks : deux shows, deux énergies

Le spectacle de Ben Harper était lui à l’image des artistes en tournées mondiales et dont la carrière montre un professionnalisme évident, efficace et chronométré. J’en attendais sans doute beaucoup, il faut être honnête, et j’ai certainement été déçu, ne trouvant dans l’heure de spectacle le moment le plus émouvant que celui où, présent en backstage, Jean-Louis Aubert est venu donner une accolade à l’artiste sur scène. L’ensemble du set a ensuite vu défiler une rétrospective musicale de Ben Harper, de ses débuts avec Welcome to the Cruel World, à Diamonds on the Inside, ou Give Till It’s Gone.


The Kooks terminent la soirée en un show à l’image de leur musique, enjoué et sautillant, tourné vers le public et ouvert à l’échange, Luke Pritchard a donné à Pratgraussal l’énergie suffisante pour emmener le public avec lui, malgré l’heure tardive et la pluie qui tombait par intermittence. Un show qui retrace là aussi l’histoire de ce groupe pop né à Brighton en 2004, et dont les succès parsèment la carrière. L’espace scénique est simple et épuré, la batterie surélevée derrière un line-up horizontal, c’est simple et efficace à l’image du groupe !

Jean-Louis Aubert

The Kooks