[LIVE REPORT] Pause Guitare – Albi – 11/07/2026
En marge de la scène Pratgraussals, le festival Pause Guitare propose une multitude d’espaces, de découverte musicales et de groupes émergents. C’est entre autres le cas du Prix Magyd Cherfy, qui propose à l’Athanor et sur 3 jours une sélection de groupes issus de la scène francophone, belge, québécoise, d’outre-mer… et dont les prestations sont évaluées par un jury de professionnels sur des sets de 30 minutes. J’avoue être très déçu de n’avoir pu assister qu’à une seule des 3 journées, retenu sur d’autres scènes ou rendez-vous, tant les propositions étaient riches et fournies..
Photos : Frédéric Azémar | Texte : Jerem


Le Prix Magyd Cherfy, tremplin pour les artistes émergents
J’ai néanmoins retrouvé sur cette journée à l’Athanor Danger Zoo, un groupe que l’on suit régulièrement sur Opus, suivi de San Nom. Une très belle découverte que ce rappeur qui, sous une esthétique plutôt cow-boy années 80, délivre des textes extrêmement crus et très empreints des problématiques de la société actuelle. On verra ensuite Shauit, artiste innu, qui s’inspire des traditions de son peuple pour les mixer avec des teintes reggaeton et rock. Enfin pour finir, Prattseul, un artiste qu’on connaît également bien chez Opus. Le Prix Magyd Cherfy permet à ces artistes émergents d’obtenir de la visibilité et une légitimité auprès d’un public de professionnels, et sera attribué cette année à « Oscar les Vacances » (superbe découverte sur cette édition de Pause Guitare soit dit en passant)
Miki ouvre la soirée sur Pratgraussal
De retour sur Pratgraussals, c’est Miki qui ouvre la soirée avec, comme à son habitude, un show énergique, déliré et délirant, une attitude faussement blasée qui a du mal à cacher la sensibilité de l’artiste. Miki court, saute, traverse la foule pour créer un pit, et entretient une vraie relation avec son public de fans, avec qui elle échange régulièrement sur les réseaux. Elle est accompagnée depuis les dernières tournées d’un batteur et d’une guitariste, le tout sous l’œil et le dard du scorpion géant gonflé en fond de scène qui la suit quasiment depuis ses premiers concerts en découverte aux Curiosités du Bikini l’année dernière.
Riles, entre grâce et générosité sur scène
Riles ensuite, monumental, gracieux dans les mouvements et les enchaînements avec la douzaine de danseuses et danseurs qui l’accompagne, touchant dans l’interprétation seul à la guitare de Big Trouble, touchant également quand il laisse l’intégralité de la scène à une fan qu’il invite pour lancer Pesetas devant plus de 10000 personnes. Sensible et solide, les 2 termes à mon sens les plus appropriés à sa magnifique prestation.
En même temps jouait sur la scène Pollux Dirty Fonzy, un groupe de rock garage œuvrant depuis plus de 20 ans sur la ville d’Albi et la région. Un rock plus qu’énergique sur une scène décorée en fer forgé, une belle entente avec un public qui, même conquis, prend un véritable plaisir à exulter ses sentiments par la danse et les pogos. Superbe énergie !


Orelsan et « Yoroï » : le show démesuré de la soirée
De retour à Pratgraussals, Orelsan est sans aucun doute l’artiste le plus attendu de la soirée par le public de Pause Guitare. Comme on pouvait s’en douter, le show est à la hauteur des attentes. C’est gigantesque, démesuré, incroyable… les superlatifs ne suffisent pas à décrire l’immensité du show proposé par l’artiste et son équipe. 3 écrans géants, mobiles, projettent des animations ou des films qui suivent la narration proposée par le show, qui suit et synthétise le film « Yoroï » et en reprend les caractéristiques principales.
On retrouve donc l’univers sombre de l’artiste caennais, son admiration pour le Japon et les combats chorégraphiés, les nappes et les beats acides et tranchants. Des danseurs et danseuses, des pantomimes mimant la dualité de l’artiste dans ses moments de doutes et de dépression. Le show est dense tant dans la scène que dans les valeurs et les morceaux proposés, en équilibre à mon sens parfois instable entre dénonciation d’un système et d’une industrie musicale à saturation et sa complète exploitation par l’artiste. Orelsan déroute, fascine, déborde, rassemble et rejette. Difficile de sortir indemne de ce show tant il oblige à réflexion, quel que soit l’angle que l’on prend pour l’aborder.
Mosimann referme la soirée en beauté
La soirée se termine par la prestation puissante de Mosimann, qui, malgré une scénographie témoignant d’une iconographie presque infernale, des basses tellement lourdes qu’elles provoquent un ressentiment physique au sens premier du terme, de la pyrographie orchestrée et millimétrée sur les beats, reste un artiste humble et dans un échange simple et horizontal avec son public resté extrêmement nombreux pour son show. C’était à mon sens la clôture la plus appropriée qu’on pouvait trouver pour cette soirée, et démontre encore une fois la justesse dans la programmation opérée par l’équipe du festival.
Pause Guitare tourne une page de son histoire mais promet de conserver sa ligne artistique conviviale, créative et pleine de mixité. Une atmosphère comme on en trouve peu ou plus dans des festivals de cette ampleur, et qu’on aura évidemment plaisir à retrouver l’année prochaine !

Miki
Rilès
Orelsan
Mosimann








































